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Comment donner envie, mobiliser autour du conseil citoyen ?

1. Est-il nécessaire de communiquer largement autour de la création des conseils citoyens ?

La loi indique que les membres des conseils citoyens ne sont pas désignés par cooptation, mais par tirage au sort. Il est nécessaire de mobiliser largement la population du quartier prioritaire si on souhaite constituer un volant de personnes suffisant qui auront envie de siéger. Si on procède au tirage au sort sans information préalable, on court le risque que les personnes tirées au sort refusent de siéger. La communication en amont doit expliquer ce qu'est un conseil citoyen. Elle doit également donner envie aux habitants de s'y investir.

 

2. Que dire aux habitants pour les mobiliser ?

Être pédagogue, utiliser un langage simple et éviter le jargon. Expliquer ce qu'est la politique de la ville et le rôle que pourra jouer le conseil citoyen dans la définition des actions menées sur le quartier. Il est important d'insister sur le rôle du conseil citoyen dans la préparation des contrats de ville sans extrapoler sur les actions qui pourront être à son initiative. Mieux vaut décourager des personnes qui s'attendraient à avoir un pouvoir de décision direct ou à gérer un budget que de créer des frustrations en s'avançant sur des éléments qui se mettront en place avec le temps.

 

3. Comment aller toucher les publics les plus éloignés ?

Il faut prioritairement s'appuyer sur des relais : personnels de terrain (animateurs, médiateurs, éducateurs, travailleurs sociaux), qui travaillent au quotidien avec les familles, qui les connaissent et peuvent leur transmettre directement l'information. Pour pouvoir s'appuyer sur ces relais, il faut préalablement les informer, leur expliquer des conseils citoyens et les convaincre du rôle qu'ils pourront jouer localement.

 

4. Comment faire pour informer, mobiliser la population ?

Le rôle des relais locaux est central. Ils pourront utilement être associés à l'élaboration d'une stratégie de communication autour de la mise en place du conseil citoyen. La communication doit s'appuyer sur différents vecteurs : média (presse et radio locale), communication écrite (flyers, affichage), internet (création d'une page dédiée sur le site internet de la ville par exemple), contact direct avec la population (campagnes de porte-à-porte, réunions publiques), appui sur des relais (acteurs de terrain, figures emblématiques du quartier, commerçants). Le message doit être simple et compréhensible par tous : mieux vaut en dire peu, mais être bien compris.

 

5. Quel budget pour le conseil citoyen ?

Il est prévu que des crédits du contrat de ville soient dédiés à l'animation du conseil citoyen. En outre, une partie de l'enveloppe du contrat pourra être consacrée à des actions portées par le conseil dans la mesure où celles-ci correspondent au projet de territoire.

S'il existe des recettes publiques fléchées pour le conseil citoyen, il convient d'être prudent : le montant des crédits attribués au niveau local sera issu d'une discussion entre le conseil citoyen et les porteurs du contrat (Etat, Ville, intercommunalité). Quel que soit le niveau de financement attribué, ces recettes ne seront certainement pas suffisantes pour lui permettre de développer un programme d'action copieux.

En conséquence, il est important que le conseil citoyen puisse diversifier ses recettes non seulement pour dérouler son programme d'action, mais également pour ne pas être fragilisé par la dépendance à un financeur unique. En outre, la mission du conseil citoyen est de faire entendre la voix de ceux qu'on entend le moins. Il a un rôle d'interpellation des pouvoirs publics. Si le conseil veut pouvoir jouer pleinement ce rôle, il faut qu'il puisse maintenir une certaine indépendance vis-à-vis des pouvoirs publics. L'indépendance passe également par l'indépendance financière ce constitue un argument supplémentaire qui devra inciter les conseils citoyens à diversifier au maximum leur source de financement.

Enfin, il est effectivement important de pouvoir bénéficier d'un budget pour développer des actions. Néanmoins, nous recommandons une montée en puissance du conseil citoyen au fil du temps. Mieux vaut commencer par de petites actions peu demandeuses en terme ingénierie administrative et financière. Les premières actions permettront au conseil citoyen de se faire connaitre. Elles favoriseront la cohésion du groupe en constituant un premier objet commun pour une assemblée (le conseil citoyen) dont il faut garder en mémoire qu'elle est créée de toute pièce. Enfin, certaines actions de communication ne demandent pas forcément beaucoup de moyen mais sont très efficaces pour faire se rencontrer les gens et les inciter à s'intéresser au débat public .. (exemple, les porteurs de parole… il y a certainement d'autres actions de ce type à imaginer).

 

6. Comment maintenir la mobilisation des membres du conseil citoyen dans la durée ?

Travailler sur des sujets qui correspondent aux préoccupations des membres

Veiller à la sincérité de la démarche c'est à dire avoir un discours cohérent entre ce qu'on dit aux gens et la manière dont les choses se passent.

Veiller à ce que les réunions aient un cadre varié, convivial, ludique : sortir du côté administratif, tenir des réunions sur des lieux sur le quartier (café... ), varier les outils de travail (diagnostics en marchant, visite de site, mobilisation d'intervenants extérieurs, voyages d'études)

Imaginer des supports pour que les personnes qui ne pourraient pas se déplacer pour chaque réunion puissent suivre et contribuer aux travaux (blog, twitter)

L'animateur aura un rôle central dans la mobilisation. Pour autant, l'animateur, bien qu'il soit en responsabilité, devra être accompagné et soutenu dans sa mission. Cela implique notamment qu'il puisse échanger avec sa hiérarchie sur le sens à donner à l'animation et qu'on lui donne des moyens (humains, matériels, financiers, réseau, connaissance, information) de façon à ce qu'il puisse mener à bien sa mission.

 

7. Comment faire émerger l'envie de participer ? Les gens auront-ils envie de s'investir s'il n'y a pas de budget dédié ?

L'envie de participer se crée en donnant un vrai espace d'action et d'expression.

Le fait d'avoir un budget ou non à disposition ne va pas fondamentalement changer la donne. L'article de Pascal AUBERT dans La Tribune de la Fonda donne quelques clés pour comprendre pourquoi les gens ne participent pas. Ces quelques clés peuvent constituer une grille d'analyse de la démarche portée par le conseil citoyen. C'est la démarche dans son ensemble qui doit être sincère et cohérente. L'outil (enveloppe financière, local, dispositif de communication) doit venir au service de la démarche portée. Il ne prendra du sens et de l'intérêt que mis en perspective avec les finalités poursuivies par le conseil citoyen.

 

8. Comment renouveler les membres en cas de défection ?

Il est possible de constituer une liste de suppléant vers lesquels on se tournera en cas de défection. Cette liste peut être constituée au moment du tirage au sort des membres. Cela évite d'avoir à réorganiser de nouvelles élections en cas de défection au bout de quelques mois. L'absentéisme doit néanmoins alerter : pourquoi les membres ne viennent-ils plus ? Ont-ils le sentiment que leur engagement est inutile ? L'investissement demandé est-il trop important ? Une enquête auprès des personnes qui se sont démobilisées pourra éclairer sur des dysfonctionnements possibles et donner des pistes de réflexion pour faire